Vous vous souvenez sans doute de
Stéph de Monac’ chantant « comme un ouragan qui passait par là… ». Je
sais, j’ai des références musicales torrides. En ce moment il y a plein
d’ouragans dans ma vie, et pas seulement dans la mienne. Alors, ne
pas dormir pour ne pas penser est le meilleur moyen d’avoir un regard un tant
soit peu pétillant le matin. Certains prétendent penser à la faim dans le
monde, aux OGM ou à la Birmanie avant de s’endormir. Moi, quand je dors je suis
égocentrique. Je pense à moi, à ma vie, à mon entourage. Deux mondes se côtoient
; le jour et la nuit. Le
jour est le moment où j’existe. C’est le temps des rires innocents dans notre
quartier général : deux tables de pique-nique avec des parasols. Le temps
des cours, du stage, des sorties, des visites, de l’insouciance en sorte.
La nuit, le monde tourne sans moi.
J’ai parfois l’impression que je suis une particule flottant au-dessus des gens
et observant leur vie. C’est le moment des envies les plus ridicules. N’avoir
jamais de mauvaises pensées ni de coup du sort. Si je me concentre un peu, je
me rends ivre d’idées noires. Je m’étourdis à force de m’entêter à les
conserver. C’est facile.
Alors je rêve aussi “d’ailleurs”,
au pluriel. Soudain, je réalise que je suis déjà dans ces ailleurs, et rien n’a
changé. Comme quoi, ça ne sert à rien, ce n’était qu’une idée stupide de plus.
Et moi qui avait cru quelque instant que
Réjean Ducharme pouvait avoir tort, que les rêves ne sont pas illusion…
« Larguez les rêves, hissez les illusions !
Larguez les amarres, hissez les
horizons ! »