Je commence sérieusement à croire
que mes vœux et prières ont une influence certaine sur le cours du monde.
J’avais commandé un temps radieux pour ma petite expédition à Baltimore. Chose
voulue, chose réalisée. Temps incroyable qui nous a permis de découvrir ce
petit port dans le meilleur des contextes. Bon, je dois avouer que cette ville
n’a de port que le nom et la présence de l’eau et de quelques bateaux. En
général, les petits restos de fruits de mer vont de pair avec la présence d’un
port. Ici, hormis les restos de hamburgers, voire de sushi, on n’a rien trouvé
de tel. Grosse déception pour nous qui attendons depuis trois mois déjà de
manger un petit poisson… Je serai prêt à tout, même à ce qu’il soit carré,
pané, fade et verdâtre pourvu que ce soit un poisson. J’ai pourtant eu
l’occasion d’en voir énormément. Je voulais vous faire une petite blague et
vous laisser croire à une excursion dans les caraïbes mais le temps ayant eu raison
de moi, je crois ne pouvoir faire deux posts différents. J’ai donc été au
formidable, puisqu’il faut bien utiliser quelques superlatifs, aquarium de Baltimore.
En sorte d’aquarium, c’est plutôt
un nouveau monde que l’on découvre. Immense, incluant une mini forêt tropicale
avec des oiseaux étrangement couleur fraise Tagada, des grenouilles bleu de
cobalt, des tortues avec trois nageoires. Bref un bonheur. J’ai failli emporter
avec moi un des dauphins. Je dois avouer que j’ai été séduit par leur fluidité,
semblable à celle des baleines mais avec quelques mètres et quelques tonnes de
moins !! Nos amis les requins ne m’ont pas spécialement convaincu l’aller
nager avec eu, même dans une pseudo cage. Ils n’ont pas l’air commodes les
pépères.
C’était très certainement la
seule chose intéressante de Baltimore mais nous avons eu droit en prime à un
spectacle comme il n’en existe sûrement qu’aux US. Nous sommes arrivés juste au
moment où déferlaient des centaines voire des milliers de supporters des Ravens,
l’équipe locale d’american football. Un grand moment de beauf’attitud’. Je pense qu’il ne devait pas y en avoir un
seul sans le t-shirt violet tellement glamour de son équipe. Je crois me
souvenir que les numéros 86 et 20 avaient la côte. Tous arrivés en
SUV, le barbecue installé dans le coffre ou sur la remorque. Tous buvaient
des Bud light ou autres ersatz de bière
immondes. Oui, dans la rue, tous buvaient dans la rue. A croire que
l’hypocrisie de la législation américaine sur l’alcool va jusqu’à faire des
exceptions les jours de match. Il ne faut pas boire en temps ordinaire mais
lors des matchs, il est autorisé voire conseillé (pour ne pas sortir du lot)
de boire des litres de Bud devant la police jusqu’à hangover s’en suive. Un grand
moment. Tous installés sur des parking à perte de vue. Je n’ai jamais vu rien de
tel. Nous avons décidé de décerner la palme à ceux venu en camping-car ou SUV,
barbecue installé, faisant griller les saucisses sur le parking en face du
stade… et regardant le match à la
télé. Et oui, tout le monde ne peut pas non plus s’offrir des
places. Elles doivent être au prix d’un t-shirt de l’équipe, il fallait faire
un choix crucial, le maillot ou la place…
J’ai tenté d’intercéder en leur
faveur pour sauver leur âme. Rien à faire. Ça ne peut pas marcher à chaque
fois.
En revanche, peut être vous
souvenez-vous de mon court article sur nos amis Birmans. Mes supplications ont
été prises au sérieux. Sa sainteté le Dalaï Lama est venue me rendre visite.
Puisqu’il avait un peu de temps, il a décidé de rencontrer également le
Président Bush ainsi que Richard Gere. Non, vous ne rêvez pas. Richard Gere,
après pretty woman, pretty tibetan.
Le grand homme nous a impressionné par sa joie de
vivre, son humour, son autodérision… et son ironie. J’ai beaucoup apprécié
lorsqu’à la fin de son discours en anglais, il a mentionné que les droits de
l’homme sont important mais qu’il ne faut pas pour autant oublier
l’environnement. Officiellement cette petite pique était destinée à la Chine,
mais ne nous faisons pas d’illusion, George W. était également visé. Cette
après-midi passée sur la pelouse du Capitol a été surréaliste. Parfois j’ai du
mal à réaliser que je suis dans la ville du Capitol, de la Maison Blanche…
Mais alors là, c’était le pompon ! Je vous dresse le tableau. Quelques
centaines de personnes assises sur la pelouse du Capitol, assistant à la remise
de la médaille du Congrès au Dalaï Lama. Ecoutant avec attention son premier
discours dans un anglais hésitant, voire titubant. Puis nous avons eu droit à
un mini concert mené par divers artistes tibétains. Cette musique est vraiment
surréaliste. “Surréaliste mais sympathique”.