Vivre à DC peut donner l’impression de réaliser de
formidable voyages en l’espace de quelques jours seulement. Du fait que
Washington soit une ville-district, à peine sorti de la ville on se retrouve
propulsé dans un autre état, la Virginie ou le Maryland pour les deux plus
près. Un autre état soit, mais ce qui surprend vraiment c’est la diversité des
paysages. A peine une demi-heure de voiture suffit pour se retrouver en pleine
forêt, comme perdu au milieu de nulle part sans aucun indice permettant de
savoir que la capitale du pays est toute proche.
Great Falls Park, Virginia
Notre petite bande de joyeux lurons s’est donc
rendue à Great Fall Park en Virginie, à l’ouest de DC. C’est un park naturel
ayant pour principal attrait ses forêts et surtout les fameuses chutes du
Potomac comme sont nom l’indique. Paysage torturé, cours d’eau accidenté, on a
peine à croire que la ville est si proche. Le Potomac révèle une image bien
différente de celle que je connaissais, c’est-à-dire, le petit fleuve
tranquille où faire de l’aviron le week-end. Comme vous pouvez le voir un peu
sur les photos, il y a quasiment plus de roche que d’eau. C’est impressionnant,
surtout lorsqu’on assiste au passage d’un intrépide kayakiste ayant décidé
qu’il trouverait l’endroit où passer sans mourir à peu près douze fois. D’ailleurs
peut-être que ce fameux téméraire que nous avons vu était assisté des voix des
sages ancêtres indiens puisque cet endroit justement était une zone de commerce
pour les indiens du coin et les premiers colons. Drôle d’idée.
Forcément, un tel paysage n’attire pas seulement les
citadins en mal de randonnées pédestres ou équestres mais aussi les peintres
kamikazes, les géologues, les botanistes ou même nos amis amoureux des bêtes.
Je dois vous avouer avoir été heureux de ne pas avoir été un mulot, je me serai
aussitôt faire gober par un des aigles qui tournaient au-dessus de nos têtes.
Pas très glamour. Je sais, Europ’ Assistance est toujours là en cas de besoin,
mais j’aurai eu du mal à paraître crédible en expliquant mon histoire. Bref, le
Potomac tel que je le connaissais, c’est-à-dire dompté et navigable n’est ainsi
qu’au abord de DC. Dès 1784, la Patowmack Company a débuté la construction de
cinq canaux pour le rendre navigable. Ce paysage de chutes est donc sa vraie
nature. Ils étaient persuadés que l’aménagement du lit du fleuve et la création
de canaux pourrait stimuler le commerce entre l’est et la vallée de l’Ohio.
Autant vous dire tout de suite que ça n’a fonctionné que pendant les 26 années
des travaux, jusqu’en 1806. C’était sans compter sur le ferroutage et les
autoroutes qui finalement coûtaient moins cher et étaient plus rapide. Donc
gros échec de ce projet de canal inabouti qui nous permet aujourd’hui de voir
ces chutes impressionnantes.
On a donc profité du temps magnifique qui nous était
offert pour faire une ballade en forêt le long des chutes. Hummmm ça
manquait !

Baltimore, Maryland
Contrairement à mon second voyage à New York qui avait
changé mon idée sur cette ville folle, mon second voyage à Baltimore m’a
conforté dans mon idée. Il n’y a rien à voir, rien à faire. Passez votre
chemin, ne vous arrêtez pas, même à la case départ et n’empochez pas
20 000 dollars. Hormis l’aquarium qui, je le reconnais, vaut le détour et
peut être aussi le musée d’art, il n’y a strictement rien à faire à Baltimore.
Lors de ma première visite, j’avais eu la chance de bénéficier d’un temps
ensoleillé et chaud. L’histoire se répétant mais toujours avec des nuances, ce
jours-là, il n’y avait pas vraiment de soleil, ni de chaleur d’ailleurs. Ok, le
port n’est pas laid, d’accord la bute où trônait l’ancien fort permet une vue
sur la ville. Mais
hormis cela, rien. Une fois au sommet de cet butte, on se rend d’ailleurs
compte à quel point il n’y avait aucun intérêt d’y grimper. Nous en somme donc
parti, presque aussi vite que nous en sommes arrivés, c’est-à-dire bien peu
rapidement à cause des embouteillages dus à Thanksgiving Break et aux
limitations. Ayant d’ores et déjà eu une expérience avec les forces de l’ordre
de Baltimore à l’aéroport il y a quelques semaines, nous voulions éviter tout
risque. On a bien fait. Lisez la suite.
Annapolis, Maryland
C’est un peu la ville d’Anna. Problème : je ne
sais pas qui c’était bref. Annapolis est plutôt réputée pour la présence de la Naval Academy que
pour cette fameuse Anna alors, qu’elle aille au diable.
Quoiqu’il en soit, c’est une petite ville portuaire
plutôt sympathique. Des bâtisses de deux voire trois étages, peintes dans des
couleurs qui la font se rapprocher davantage d’un décors de cinéma et de
Georgetown que d’une ville habitée. Malheureusement, étant donné qu’on prévoit
toujours tout d’une façon très rationnelle, on n’avait pas pensé que le musée
de la Navy serait fermé à 17h. On a donc manqué le principal intérêt de cette
ville. Ça ne nous a pas empêché de nous balader dans sa petite ruelle
tortueuse ! Oui, ça fait du bien de retrouver une vraie petite rue,
presque commerçante, presque tortueuse au lieu des boulevards habituels taillés
à la serpe. Après
une courte réflexion, je crois bien que c’est une des choses qui me manque des
villes européennes, les ruelles dans lesquelles se perdre, celles dont on ne
voit pas le bout car elles sont torturées, sinueuses, se divisent, se
rejoignent. C’est sans doute aussi pour cela que les américains aiment
tellement le quartier latin. Un quartier où l’on peut se promener à pied et au
milieu de la rue tant les trottoirs sont étroits. Elles ont du charme, du moins
je leur en trouve.
Cherchant dans cette ville un endroit où nous
sustenter pour le dîner, nous avons finalement repris la voiture direction
Alexandria, les prix nous ayant rapidement aidé à choisir…

Alexandria, Virginia
Alexandria peut quasiment être considéré comme un
quartier de Washington DC tellement elle en est proche. Elle y est d’ailleurs
relié par une des lignes de métro, la rouge, au nom de station évocateur :
King’s Street. Qu’est-ce donc ? Tout simplement l’unique rue commerçante
de cette petite ville plutôt huppée accolée à DC. Pour fuir la foule quasi
inexistante de DC, la solution est donc de s’installer dans ce quartier-ville
plutôt semblable à Georgetown mais en plus vivant je dirai. Contrairement à
Georgetown qui n’a pas vraiment un charme fou, deux énormes avenues se
croisent : M Street et Wisconsin Avenue. King’s Street a l’avantage d’être
plus étroite, et surtout, choisie par des boutiques dignes de ce nom. On y
trouve notamment des antiquaires de meubles français, des restaurants de toute
sorte, des boutiques de décorations tendance maison du monde mais en format
boutique de centre-ville : 50m².
Agréable aussi est la petite ballade le long du
Potomac et des pontons où quelques bateaux dont un restaurant sont amarrés. Ça
change tellement des villes américaines qu’on a l’impression d’être totalement
ailleurs. Les rues adjacentes à la rue principales sont très résidentielles,
abritant de superbes maisons, pas forcément grandes, mais dans un style
typiquement britannique qui n’est pas sans rappeler Boston ou Notting Hill. En
beaucoup plus petit bien évidemment. C’est certainement mon coin préféré, là où
le calme côtoie l’animation, où le chic se mêle au populaire. Bref, j’aime
beaucoup. On a donc fini notre soirée dans un restaurant à tapas prenant pour trois
un plat pour deux. Proportions américaines obligent, on a eu du mal à terminer…
A présent que je vous ai vendu du rêve, il faudrait
que je vous donne l’envers du décors. Du genre, notre arrestation, le soir à
notre retour, à 50 mètres
du campus. Je pense sincèrement qu’on a joué de malchance avec les forces de
l’ordre dans ce pays. Trois locations de voiture depuis octobre, trois
arrestations. Bon rythme. J’espère qu’il n’en est pas de même pour vous en
France autrement vous n’auriez rapidement plus de point sur votre permis. On a
donc eu la chance de cumuler trois infractions pour cette dernière arrestation.
On s’était dit qu’il fallait terminer en beauté. Donc, 50 mètres du campus, un
giros et un pti coup de sirène plus tard, on se range mais pas de suite. C’est
là le premier problème soulevé par notre ami cop. Bon, on a essayé de lui
expliquer qu’on n’allait pas s’arrêter sur la file du milieu, il s’en fout
comme de l’an quatorze. Mais la raison première de l’arrestation était de
rouler avec les feux de position alors que nous aurions du avoir les feux de
croisement. Oulala ! c’est grave ! On a aussi eu la bonne idée de
tourner dans la rue du campus directement sans prendre la voie spéciale qu’on
n’avait même pas vu. On cumule. Heureusement, de son plus bel accent français
et avec son plus beau sourire, notre conductrice préférée nous a sorti de cette
passe sans une amende ! C’est bien la première fois, d’ordinaire, rien
n’est négociable… On vit dangereusement j’vous dis !